On a cru que le label suffisait.

Puis le système a craqué.

Pendant longtemps, on a fait confiance.

En alimentation, on s’est dit :

« C’est bio, donc c’est sain. »

En finance, on s’est dit :

« C’est couvert, donc c’est sécurisé. »

Dans les deux cas, on s’est trompés.


Le jour où tout semblait protégé

En finance, un outil s’est imposé comme une évidence : le Credit Default Swap.
Son rôle officiel ?
👉 Protéger contre le risque de défaut
👉 Rassurer les investisseurs
👉 Sécuriser le système

Sur le papier, c’était parfait.
Comme une assurance.
Comme un progrès moderne.

Exactement comme certains produits alimentaires estampillés “bio”.


Le problème n’était pas l’intention.

C’était la promesse.

Un Credit Default Swap n’a pas supprimé le risque.
Il l’a déplacé,
puis masqué,
puis empilé.

Résultat :

  • moins de vigilance,
  • moins de responsabilité,
  • plus de paris,
  • plus d’opacité.

Le risque n’avait pas disparu.
Il était simplement devenu invisible.


Comme dans notre assiette

C’est la même mécanique en alimentation.

Des produits :

  • “bio”
  • “naturels”
  • “bons pour la santé”

Mais quand on regarde de près :

  • listes d’ingrédients longues et complexes,
  • procédés de transformation multiples,
  • sucres dissimulés sous différents noms,
  • additifs autorisés mais omniprésents.

👉 Une étiquette rassurante.
👉 Une promesse confortable.
👉 Une composition que peu de consommateurs comprennent vraiment.


Quand la composition devient un risque pour la santé

Le problème n’est pas seulement idéologique.
Il est biologique.

Plus une composition est :

  • longue,
  • technique,
  • difficile à lire,

plus elle est difficile à interpréter pour le corps.

Sans faire de raccourci :

  • l’ultra-transformation perturbe les repères naturels,
  • surcharge les mécanismes digestifs,
  • brouille les signaux de satiété,
  • favorise une consommation déconnectée des besoins réels.

👉 Ce n’est pas parce qu’un ingrédient est autorisé qu’il est neutre.
👉 Ce n’est pas parce qu’un produit est “bio” qu’il est physiologiquement simple.

Comme en finance,
la complexité n’annule pas le risque.
Elle le déplace… jusqu’à ce qu’il s’exprime autrement.


2008 : le moment de vérité

En 2008, beaucoup pensaient être protégés.
En finance.

Ils ne l’étaient pas.

Ils étaient couverts sur le papier,
mais dépendants d’un système trop complexe pour tenir.

Quand la crise est arrivée :

  • la confiance s’est effondrée,
  • les États ont dû intervenir,
  • la facture est devenue collective.

Comme dans le corps humain,
quand on accumule trop longtemps ce qu’on ne comprend plus,
la crise finit par sortir.


Le vrai point commun entre finance et alimentation

Ce n’est pas la finance.
Ce n’est pas la nourriture.
Ce n’est même pas le “bio”.

👉 C’est la délégation du jugement.

Quand :

  • on ne comprend plus ce qu’on consomme,
  • on se repose sur une étiquette,
  • on confond confort mental et sécurité réelle,

on fragilise tout le système.
Économique et biologique.


Le label ne suffit jamais

Ni en finance.
Ni dans l’assiette.

  • Ce qui compte, ce n’est pas la promesse.
    C’est :
  • la composition,
  • la transformation,
  • la lisibilité,
  • la responsabilité.

Lire.
Comprendre.
Choisir.


En résumé

Quand un système devient trop complexe pour être compris par ceux qui l’utilisent,
il ne protège plus.
Il rassure… jusqu’au jour où il casse.

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