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Saint Maurice d'Agaune : l'histoire fascinante derrière le nom des Saintoiseries
Publié sur lessaintoiseries.com — Août 2026
"Les Saintoiseries." "Biscuiterie Saint Agône." Ces noms intriguent presque tous ceux qui les découvrent pour la première fois. Un peu mystérieux, légèrement désuets, certainement pas formatés pour plaire à un algorithme marketing. Et c'est exactement pour ça que nous les avons choisis.
Derrière ces noms se cache une histoire vieille de dix-sept siècles — celle de Saint Maurice et de ses compagnons martyrs, dont fait partie Saint Agône, qui ont donné leur nom à une ville, à un lieu de pèlerinage, et finalement à notre biscuiterie artisanale nichée dans la vallée de l'Arve.
Saint Maurice et la légion thébaine : le récit historique
Nous sommes à la fin du IIIe siècle, vers 286 après Jésus-Christ. L'Empire romain est sous le règne de l'Empereur Maximien, co-régent de Dioclétien. La légion thébaine — une unité militaire romaine recrutée principalement en Égypte (Thébaïde) — est en marche vers la Gaule sous les ordres du général Maurice.
La légion thébaine est en grande partie composée de soldats chrétiens dans un empire où le christianisme est encore persécuté. La tension entre leur foi et leurs obligations militaires va devenir insupportable lors d'un épisode précis qui a lieu dans la région qui correspond aujourd'hui au canton du Valais, en Suisse.
L'armée stationne près d'Agaunum — l'actuelle Saint-Maurice-en-Valais, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière française, dans la haute vallée du Rhône. Maximien ordonne à ses troupes de participer à des sacrifices aux dieux romains — un acte que les soldats chrétiens de la légion thébaine refusent catégoriquement d'accomplir.
Devant le refus collectif de la légion, Maximien ordonne une décimation — l'exécution d'un soldat sur dix pour briser la résistance. La légion maintient son refus. Une deuxième décimation est ordonnée. La légion tient encore. Finalement, selon les récits hagiographiques, Maximien ordonne le massacre de l'ensemble de la légion — plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de soldats, selon les sources.
Maurice, leur chef, est parmi les premiers martyrisés. Avec lui périssent de nombreux compagnons dont les noms ont été transmis par la tradition chrétienne : Exupère, Candide, Victor — et Agaune.
Saint Agône : le compagnon martyr
Saint Maurice d'Agaune a été martyrisé à Agaunum. Son nom — dérivé du grec agôn, qui signifie "combat" ou "lutte" — est celui que nous avons choisi comme patronyme de notre biscuiterie.
Le choix n'est pas purement historique ni purement religieux. Il est symbolique dans un sens qui nous correspond : Agône, le combattant, celui qui lutte pour ce en quoi il croit, qui ne cède pas par facilité.
Fabriquer des biscuits sans additifs, sans arôme fromage, sans huile de palme, dans une vallée alpine où les coûts sont plus élevés qu'en plaine, à une échelle qui ne permet jamais les économies d'un industriel — c'est une forme de combat quotidien. Pas héroïque au sens guerrier, mais tenace. Constant. Sans capitulation sur les compromis qui comptent.
Saint Agône nous semblait une figure appropriée.
Agaunum : le lieu qui donne son nom à tout
Agaunum est l'ancien nom romain de l'actuelle ville de Saint-Maurice-en-Valais, en Suisse, à la frontière du canton du Valais et du canton de Vaud, dans la haute vallée du Rhône.
Ce lieu est géographiquement très proche de notre atelier de Sallanches — à environ 60 kilomètres à vol d'oiseau, de l'autre côté du massif des Alpes. La même région alpine, le même système de vallées, le même héritage montagnard.
Après le massacre, les corps des martyrs sont vénérés sur place. Un sanctuaire est rapidement érigé — l'un des plus anciens lieux de culte chrétien d'Europe occidentale. L'Abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, fondée vers 360-380 après J.-C. sur ordre de l'Évêque Théodore de Martigny, existe encore aujourd'hui et est l'une des abbayes chrétiennes en activité continue les plus anciennes du monde occidental.
Le culte de Saint Maurice se répand rapidement dans toute la région alpine et au-delà. Des dizaines d'églises, de villes et de lieux lui sont dédiés à travers l'Europe — dont Saint-Maurice-de-Beynost près de Lyon, Saint-Moritz en Engadine, et bien d'autres.
Les "Saints" dans la toponymie alpine
Le christianisme alpin a profondément marqué la géographie du territoire. La Haute-Savoie est parsemée de noms de lieux qui portent des noms de saints : Saint-Gervais-les-Bains, Saint-Nicolas-de-Véroce, Samoëns (de Sanctus Sigismundus), Les Gets, Megève — dont l'étymologie ramène à des patronages chrétiens anciens.
Ce rapport intime entre les noms de saints et le territoire alpin est un héritage culturel que nous trouvions beau à honorer dans notre nom de marque — non pas pour une raison confessionnelle, mais parce que ces noms portent une histoire, un ancrage, une profondeur que les noms inventés de toutes pièces par des agences de branding ne peuvent pas reproduire.
"Les Saintoiseries" est un mot-valise que nous avons créé en combinant "saint" — reference aux saints d'Agaune, à la toponymie alpine — et "biscuiterie". Un néologisme assumé, léger, avec un côté archaïque délibéré qui dit quelque chose sur notre façon d'aborder le métier : avec sérieux mais sans se prendre au sérieux.
Pourquoi ces noms et pas un autre
La question revient souvent : pourquoi ne pas avoir choisi un nom plus simple, plus mémorable, plus "marketable" ?
La réponse est dans la question. Nous ne voulions pas d'un nom marketable — c'est-à-dire d'un nom conçu pour séduire par son apparence sans rien dire de réel. Nous voulions un nom qui porte quelque chose de vrai : une histoire, un lieu, un caractère.
"Les Saintoiseries" est difficile à mémoriser la première fois. Mais une fois qu'on en connaît l'origine, il est impossible à oublier. Il raconte quelque chose — sur le territoire, sur l'histoire, sur la façon dont nous concevons notre métier.
Et "Biscuiterie Saint Agône" ancre encore plus clairement l'artisanat dans cette filiation historique — le martyr qui a lutté pour ses convictions comme nous luttons, à notre modeste échelle, pour les nôtres : des listes d'ingrédients courtes, des fromages réels, des recettes sans compromis.
Saint Maurice d'Agaune aujourd'hui
Le site d'Agaunum — Saint-Maurice-en-Valais — est un lieu de pèlerinage actif et un site patrimonial remarquable. L'abbaye conserve un trésor de reliques et d'objets liturgiques parmi les plus anciens d'Europe. La crypte romaine du IVe siècle est encore visible.
La ville de Saint-Maurice-en-Valais est accessible depuis Sallanches par la route en moins d'une heure — en passant par le col de la Forclaz ou par Martigny. Si vous êtes dans la région, le détour vaut largement le déplacement pour ceux qui s'intéressent à l'histoire des Alpes.
Le 22 septembre est la fête de Saint Maurice dans le calendrier liturgique catholique — une date qui marque chaque année pour nous un moment de réflexion sur ce que notre nom porte et sur la façon dont nous cherchons à l'honorer, à notre façon et à notre échelle.
Une dernière chose
Nous n'avons aucune prétention religieuse dans ce choix de nom. Nous ne sommes pas une biscuiterie confessionnelle — nous sommes une biscuiterie artisanale bio dont le nom porte une histoire qui nous semblait belle et méritait d'être racontée.
Le soin que nous mettons dans nos biscuits n'a pas besoin de fondement religieux pour être réel. Mais s'inscrire dans une tradition de noms qui ont traversé dix-sept siècles — et qui sont encore prononcés par les gens qui vivent et travaillent dans ces mêmes vallées alpines — nous semble être une façon honnête d'habiter notre territoire.
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FAQ — Vos questions les plus fréquentes
Êtes-vous une entreprise religieuse ?
Non — Les Saintoiseries est une biscuiterie artisanale bio laïque. Notre nom rend hommage à une histoire et à un territoire, pas à une confession religieuse particulière. Nos produits sont destinés à tous, quelle que soit la croyance ou l'absence de croyance.
Où se trouve Agaunum, le lieu du martyre de Saint Maurice ?
Agaunum est l'ancien nom romain de l'actuelle ville de Saint-Maurice-en-Valais, en Suisse, dans la haute vallée du Rhône, à environ 60 kilomètres de notre atelier de Sallanches. L'Abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, fondée au IVe siècle sur ce site, est encore en activité aujourd'hui.
Que signifie le mot "Saintoiseries" ?
C'est un néologisme que nous avons créé en combinant "saint" — référence aux saints d'Agaune et à la toponymie alpine — et "biscuiterie". Un mot-valise qui dit à la fois ce que nous sommes (une biscuiterie) et d'où nous venons (un territoire et une histoire).
Pourquoi avoir choisi Saint Agône plutôt que Saint Maurice ?
Saint Maurice est une figure historique très connue et très représentée dans la toponymie alpine — des dizaines de villes et lieux portent son nom. Par contre choisir le nom Saint Agône — qui signifie "combat" en grec — résonnait particulièrement avec notre démarche artisanale.
En résumé
"Les Saintoiseries" et "Biscuiterie Saint Agône" sont des noms qui portent une histoire vraie — celle de Saint Maurice et de ses compagnons martyrs, martyrisés à Agaunum (actuelle Saint-Maurice-en-Valais) à la fin du IIIe siècle. Ce récit, ancré dans la géographie alpine proche de notre atelier de Sallanches, nous semblait mériter d'être le nom d'une biscuiterie qui cherche elle aussi, à sa modeste façon, à ne pas faire de compromis sur ce qui compte vraiment.
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